Peut-on lutter contre l’âge ? L’espoir de la géro-science

Avec le vieillissement comme principal facteur de risque pour diverses maladies chroniques, la science se tourne désormais vers une nouvelle approche : la géro-science. Cette discipline émergente vise à comprendre et moduler les mécanismes biologiques du vieillissement afin de prévenir plutôt que traiter des pathologies spécifiques.

Comprendre la géro-science : une nouvelle vision de la santé publique

Bases de la géro-science

La géro-science repose sur l’idée que le vieillissement biologique et non chronologique détermine notre susceptibilité aux maladies. Bruno Vellas, professeur à l’IHU HealthAge, une initiative du CHU de Toulouse dédiée à la question, explique que la mesure de l’âge biologique est bientôt envisageable. Autrefois perçu comme immuable, cet âge biologique peut désormais être modifié grâce à des interventions scientifiques sur les processus cellulaires responsables du vieillissement.

L’interdisciplinarité au service de la recherche

Dérivée d’une proposition datant de 2016 par un ancien directeur du NIH, la géro-science s’appuie sur une approche interdisciplinaire pour étudier les relations entre vieillissement et pathologies liées à l’âge. Felipe Sierra, qui co-organise plusieurs projets avec Vellas, pilote des études cliniques inédites sur plus de mille personnes âgées de 20 à 100 ans. Ces sujets seront suivis pendant dix ans pour évaluer six fonctions clés : vision, audition, mémoire, mobilité, nutrition et bien-être mental.

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Les défis et opportunités de la géro-science

Sénescence : éliminer les cellules vieillissantes

Jean-Marc Brondello de l’Inserm mène des recherches ciblant les cellules sénescentes, souvent responsables de la dégénérescence des tissus. Avec l’âge, ces cellules sont moins efficacement éliminées par le système immunitaire, entraînant des dommages tissulaires progressifs. La sénothérapie vise à traiter ou prévenir des maladies bien avant l’apparition des symptômes, en commençant par des bilans réguliers dès cinquante ans.

Un impact potentiel majeur sur la santé publique

Sophie Guyonnet, coordinatrice d’un large projet régional en Occitanie, participe aussi à cette révolution. Elle supervise des assistants médicaux dans des visites à domicile pour des évaluations complètes dès les premiers signes de dégradation fonctionnelle, un modèle prometteur pour la médecine préventive. Le centre Gérontopôle, collaborant avec l’OMS, assure également la collecte de biomarqueurs du vieillissement via des biobanques créées à partir d’échantillons biologiques des cohortes étudiées.

Une avancée rapide mais inégale de la géro-science

Comparaisons internationales

Bien que la France montre des progrès encourageants, elle reste en retard par rapport aux États-Unis où d’importants investissements proviennent notamment de la Silicon Valley. Selon Joséphine Martin, l’engouement américain est motivé par une crainte intense de la mort, stimulant ainsi des fonds massifs pour la recherche contre le vieillissement.

L’avenir de la géro-science en France

Bruno Vellas insiste sur la nécessité de ressources suffisantes pour transformer la géro-science en une pratique médicale courante. Jean-Marc Brondello nuance toutefois cet optimisme en rappelant qu’il faudra encore des années de recherche et de validation clinique avant que ces nouvelles approches soient intégrées dans les soins quotidiens.

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Liste des principales pistes de recherche en géro-science

  • Identification et modulation des biomarqueurs du vieillissement
  • Sénothérapie pour éliminer les cellules sénescentes
  • Interventions personnalisées basées sur l’âge biologique
  • Surveillance continue des fonctions essentielles (vision, audition, etc.)

Conclusion : vers une médecine préventive centrée sur le vieillissement

Il devient de plus en plus clair que la modération des mécanismes biologiques liés au vieillissement représente un changement radical dans la prévention des maladies chroniques. Alors que des territoires comme Toulouse montrent la voie, il demeure crucial de continuer à investir dans cette science émergente pour optimiser la qualité de vie des populations vieillissantes. En fin de compte, l’objectif de la géro-science n’est pas seulement de prolonger la vie, mais de s’assurer que cette vie prolongée soit marquée par une bonne santé et un bien-être durable.

Avec des chercheurs passionnés et des programmes novateurs, nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une transformation potentielle de la médecine et de la santé publique telle que nous la connaissons. Les espoirs sont grands, et les résultats pourraient bien changer notre rapport au vieillissement pour toujours.

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